Voyager avec ses médicaments : formalités et précautions

Voyager avec ses médicaments

Voyager avec un traitement médical est tout à fait possible, à condition d’être bien informé et bien préparé. Entre les exigences des douanes, les ordonnances nécessaires et la réglementation en fonction des substances, les règles varient selon les pays et leur méconnaissance peut entraîner des complications. Avant de faire sa valise, il vaut donc mieux connaître les bonnes pratiques pour voyager avec des médicaments en toute conformité.

Partir avec un traitement médical prescrit

Pour emporter des médicaments prescrits sur ordonnance, quels qu’ils soient, quelques règles de base s’imposent. Il est très important de prévoir tous ces documents pour éviter une mauvaise surprise à la douane.

Les règles communes à tous les pays

  • Partir avec une ordonnance originale mentionnant le nom du médicament, la DCI (dénomination commune internationale), la posologie (le dosage) et la durée du traitement. Vous devez aussi l’avoir traduite en anglais.
  • Avoir un certificat médical en anglais justifiant de la nécessité du traitement.
  • Garder les médicaments dans leur emballage d’origine, avec le dosage indiqué sur la boîte, idéalement en soute, mais prenez toujours une petite réserve avec vous dans l’avion (si autorisé) en cas de perte de bagages par exemple.
  • Vérifier la classification du médicament car les règles ne sont pas les mêmes pour tous les traitements et certains peuvent même être interdits dans votre pays de destination.
  • Déclarer les médicaments à la douane à l’arrivée.

Avant de partir, pour pouvoir obtenir plusieurs mois de traitement auprès de votre pharmacie, votre ordonnance devra comporter l’accord de votre médecin pour que vous puissiez ensuite faire une demande de prise en charge auprès du service médical de votre caisse d’assurance maladie.

Vous pouvez retrouver toutes les règlementations par pays sur ce site mais nous vous présentons ci-dessous un récapitulatif par continent.

L’espace Schengen

Dans l’espace Schengen, vous pourrez avoir besoin d’une attestation de transport, qui n’est pas toujours obligatoire. S’il est nécessaire de l’avoir, vous devez contacter l’Agence Régionale de Santé en fonction de la région où votre médecin prescripteur est enregistré pour pouvoir faire valider l’attestation. Vous trouverez toutes les informations nécessaires (formulaire, destinataire…) sur cette page.

Pour connaître la classification des médicaments et donc savoir quelles sont les démarches à suivre, vous pouvez vous référer à la liste des médicaments classés « psychotropes ou stupéfiants » selon l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) : Substances vénéneuses (Listes I et II, stupéfiants, psychotropes) – ANSM.

Néanmoins, cette liste n’est valable que pour la France : c’est un très bon repère mais en cas de doute, il est essentiel de vérifier les lois du pays de destination.

Si une attestation de transport vous est demandée hors de l’espace Schengen, ce ne sera pas celle de l’ARS, mais celle de l’ANSM.

L’Océanie

Pour la Nouvelle-Zélande, la quantité autorisée de médicaments prescrits sur ordonnance est d’une durée de 3 mois de traitement et d’un mois pour les médicaments classés comme « controlled drugs ». Il y a une exception de 6 mois de traitement pour la pilule contraceptive.

Vous pouvez vous renseigner sur la classification de votre traitement sur la Database of Medicine Classifications en rentrant le nom de la molécule. Vous devrez ensuite remplir la déclaration de douane (New Zealand Traveller Declaration (NZTD), que vous emportiez des médicaments ou non. Si vous souhaitez vous faire livrer des médicaments prescrits sur ordonnance en Nouvelle-Zélande, il vous faudra une ordonnance d’un médecin néo-zélandais et vous ne pourrez pas vous faire livrer de substances contrôlées.

Pour l’Australie, peu importe le type de médicament, vous pouvez emporter 3 mois de traitement.  Vous pouvez trouver d’autres informations sur ce que vous pouvez emporter en Australie ici.

Si vous souhaitez prolonger le traitement, vous pouvez vous le faire livrer : en effet, grâce à Chronopost par exemple, vous pouvez vous faire livrer jusqu’à 3 mois de traitement en quelques jours. Le coût de la livraison est assez important (plus d’une centaine d’euros). DHL coûte un peu moins cher mais ne livre pas de substances contrôlées. Si votre traitement est classé comme tel, vous devrez faire la demande d’une « Permission to import narcotic and psychotropic substances » auprès du gouvernement australien.

L’Amérique du Nord

Si vous partez aux États-Unis, vous pouvez prévoir d’emporter 90 jours de traitement. Vous pouvez vous renseigner sur la classification de votre traitement ici.

Pour vous faire livrer votre traitement, vous pouvez passer par le service Fedex.

Pour le Canada, vous pouvez retrouver une liste non exhaustive des médicaments classifiés comme substance contrôlée, stupéfiant ou substance « ciblée » ici et vous pouvez emporter 30 jours de traitement pour les substances contrôlées et les stupéfiants et 90 jours pour les autres médicaments prescrits sur ordonnance, y compris les substances ciblées.

Vous pouvez vous faire livrer 90 jours de traitement une fois tous les 3 mois. Vous ne pouvez pas vous faire livrer de substance contrôlée ou de stupéfiant.

Pour un voyage au Costa Rica, prévoyez également la facture des médicaments, n’oubliez pas de la demander à votre pharmacie. En plus de l’ordonnance, il faut que le certificat attestant de la nécessité de votre traitement date de moins de 3 mois. Tous les documents doivent être traduits en espagnol.

Poursuivre son traitement pendant son voyage

C’est à vous de voir selon votre traitement s’il est possible ou plus simple et économique de vous le faire livrer ou de trouver un médecin dans le pays de destination, capable de vous represcrire votre traitement, puis d’aller l’acheter à la pharmacie.

En cas de médicaments dits « contrôlés », qui font partie d’une classification spéciale, il peut être difficile d’obtenir une prescription. Nous vous recommandons d’emporter avec vous un dossier médical le plus complet possible, avec lettres du ou des médecins, vos anciennes ordonnances (pour prouver que vous prenez ce traitement depuis longtemps) ou tous les documents de santé que vous pensez être utiles (avec une traduction en anglais). Il est aussi possible qu’on vous demande de passer des examens ou tests pour confirmer la nécessité de ce traitement par un médecin local, à vos frais (exemple : test pour le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité).

Attention, il n’est pas garanti à 100 % de voir votre traitement represcrit, alors vous devrez envisager une autre solution le cas échéant. Faites des recherches et renseignez-vous le plus possible pour éviter les mauvaises surprises.

A l’étranger, les visites chez le médecin et les médicaments peuvent parfois coûter très cher. Si vous pensez avoir besoin d’un suivi dans votre pays de destination, nous vous recommandons fortement de souscrire une assurance, avec en fonction de vos besoins une couverture sur les rendez-vous médicaux et/ou sur les frais de pharmacie.

La trousse d’essentiels

Vous n’aurez pas vraiment besoin d’une trousse de pharmacie de base si vous partez vivre au sein d’une famille d’accueil.

Si vous avez le mal des transports, prévoyez des anti-nauséeux type Vogalib en cas de voyage en avion par exemple.

Pensez peut-être juste aux médicaments anti-douleur habituels s’il vous arrive d’avoir mal à la tête par exemple (paracétamol, ibuprofène) ou spasfon pour des maux de ventre…

En bref, à tout problème, une solution !

Vous disposez désormais de toutes les clés pour voyager sereinement tout en continuant à prendre soin de votre santé. Les démarches peuvent sembler fastidieuses au premier abord mais pour la plupart des traitements, elles se résument finalement à quelques précautions essentielles. L’important reste de bien vous renseigner et de prévoir à l’avance. Votre traitement médical ne doit en aucun cas être un frein à vos projets de voyage : des solutions existent pour chaque situation. L’équipe ARAM est à votre écoute pour répondre à toutes vos interrogations.

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